Serait-ce un délicieux chocolat chaud ? Et non, voici mon premier bain de teinture à la poudre de chataigner d’Occitanie. Cette poudre ressemble à du bon cacao mais l’odeur qui émane du bain est celle des bois.

Ce parfum d’écorce se propage avec douceur dans mon atelier. Et dans cet appartement au cœur de la ville, il semble que je baigne dans la forêt.

Ces dernières semaines, j’ai souhaité explorer la teinture avec des poudres toutes prêtes. J’ai commandé de la poudre de Noix de Galle, de Garance et de chataigner. Je crois que cela vient d’une curiosité à observer ce qu’est une teinture végétale populaire, une envie de découvrir ces ingrédients dont le pouvoir tinctorial est connu depuis des siècles. C’est comme s’ouvrir à toute une histoire et une transmission de savoir-faire.

Aussi, l’avantage de la poudre est le gain de temps. Et ces dernières semaines, concentrée sur la confection d’objets en tissu, j’ai souhaité m’orienter vers des couleurs que je savais durables au lavage et à la lumière. Ainsi, je peux proposer mes objets teins à la vente, en toute sérénité.

La poudre de châtaigner est puissante. Je l’ai d’abord utilisé dans un bain d’engallage dont je me suis servie pour plusieurs coupes de tissu en coton. Cela m’a permis de révéler de belles couleurs automnales grâce à un second bain de pelures d’oignons jaunes.
Le pouvoir tinctorial de cette poudre de bois s’observe aussi avec l’utilisation de jus de fer ou eau ferreuse. On trempe le tissu le bain ferreux, on laisse un peu sécher puis on vient baigner le tissu dans la casserole de chataigner pour finalement, en quelques minutes seulement, rester fascinée devant la profondeur du noir qui se dessine.

Une nouvelle page dans l’histoire de la fascination pour les couleurs végétales.