J’écris avec un « Je » mais je ne sens pas seule dans ce que j’écris. Peut-être te retrouveras-tu, belle âme que tu es.

Depuis ma tendre enfance, j’ai conscience d’être et de venir de quelque chose de grand, encore plus vaste et sublime que l’Univers. J’aime l’Univers, j’aime avec les yeux de ce corps reconnaître quelque chose lorsque je regarde les étoiles. La vie coule en moi. Moi, je ne suis rien.

Dans ce monde, sur cette terre, tout me semblait confus lorsque je suis arrivée. Je ne comprenais pas bien comment le monde fonctionnait. J’ai développé une curiosité à observer, à développer mon intelligence pour que les mécanismes n’aient plus de secrets pour moi.

Ces mécanismes, se divisent en deux familles. Les mécanismes logistiques du monde extérieur : comment se structure la vie d’un individu, son éducation, son travail, ses interactions, ce qu’il faut dire ou pas, être bien élevée, suivre une routine d’hygiène, laver ses vêtements, acheter des vêtements, utiliser les transports en commun ou faire ses courses, … toutes ces petites choses aujourd’hui acquises qui ont demandé de l’apprentissage.

Et puis, il y a les mécanismes liés au conditionnement. Je ne sais pas vraiment comment l’appeler pour le définir, je dirais qu’il est lié à notre corps physique de chair et d’os qui en lui emmagasine des siècles d’histoire, et l’histoire de nos parents. Je ne suis pas sûre là dessus.

Mais ce que j’observe, c’est que les êtres humains, sur cette terre, passent leur temps à parler de relations, à réfléchir sur leurs prochaines acquisitions matérielles, à penser au gain et à la perte, à construire des histoires, à les faire vivre, à regarder le passé, à faire germer des croyances en eux et en les autres, à détruire ces croyances pour en faire germer de nouvelles.

J’ai cru, dans un souci de bien faire, d’adaptation, que je devais suivre les règles de cette terre, suivre le mouvement. Alors j’ai pris plaisir à construire des histoires en m’inspirant des dires des autres, des dires des livres, des films, de tout ce que les humains peuvent créer qui conte des histoires. J’ai pris un malin plaisir à faire germer des croyances sur toutes sortes de choses : que je devais avoir tel rapport avec telle personne, que je devais faire telle chose dans ma vie, que je devais avoir vu ça ou fait ça à tel âge, etc.

Aujourd’hui, je réalise à chaque croyance déconstruite, que celle ci fut créée par moi et c’est non pas les croyances ou les histoires qui créent de la souffrance mais bien mon addiction à les créer, à construire de la matière illusoire qui est simplement ridicule.

Alors, merci à toi ma soeur, de t’éveiller sous mes yeux, de me rappeler à ce que je sais au fond de moi. Merci à toi ma soeur, de rire avec moi de cet ego qui parle si fort pour dire si peu. Merci à toi ma soeur, d’être, juste là, être sans histoire, sans croyance, juste ce que tu es. Simple, vide et tout.