Quand j’étais petite, j’écrivais de temps en temps dans un journal intime. C’était presque plus pour justifier le fait d’avoir une joli carnet à cadenas que pour me confier. À vrai dire je ne savais pas vraiment quoi écrire. J’ai arrêté pendant plusieurs années avant de découvrir le travail de Stefan Sagmeister. Graphiste autrichien de renom, basé à New York, Stefan Sagmeister a passé quelques années à étudier les sources du bonheur. J’ai découvert le résultat de ses explorations à la Gaité Lyrique, il y a maintenant 6 ans, lors d’une exposition intitulée “the happy show”. Je crois qu’inconsciemment, cette exposition me guide beaucoup depuis. Tout ça pour dire, que Stefan Sagmeister dit qu’écrire dans un journal favorise le développement personnel. Ça me suffisait pour commencer. 6 ans après, je vous partage mes 4 raisons de tenir un journal.

 

1 – Un temps pour soi

 

Dans ce monde où nous sommes constamment interpellés et sollicités, tenir un journal permet de s’accorder un temps soi. Cela peut être à raison de 5 ou 10 min par jour. Prendre un moment pour s’asseoir, ouvrir ce carnet, et y verser ce qu’on a sur le coeur ou simplement une pensée, est une pause silencieuse et consciente. Au début, je ne savais pas bien quoi écrire, mais avec le temps, en venant relire les pages écrites, je réalisais ce que je trouvais le plus intéressant à relire et j’en imbibais un peu plus mes pages par la suite.

 

2 – Observer le mouvement des pensées et émotions

 

Ce que je préfère relire lorsque je feuillette les pages de mes vieux journaux est l’évolution de mes pensées et états d’esprit. C’est un bon moyen d’observer les pensées qui reviennent régulièrement. C’est aussi une façon de réaliser les cycles d’émotions. Par exemple, en tant que femme, j’ai toujours ressenti une connexion avec la lune et lorsque je lis mon journal, je me rends compte que des schémas d’émotions se répètent selon les différentes phases de la lune. Ce n’est pas quelque chose d’anodin, et si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire Lune Rouge de Miranda Gray. Sans la tenue régulière de ce journal, cette déduction aurait été moins palpable.

3 – Apprendre à se connaître 

Écrire dans mon journal est devenu une habitude bien ancrée. Cela fait désormais six ans que je noircis les pages. Mon journal est un compagnon que j’emmène partout où je vais et avec le temps il est devenu mon plus grand confident. Il a vu passé de grands moments dans ma vie et des bouleversements intérieurs. L’avoir auprès de moi à chaque instant, m’a permis d’y écrire les moments difficiles. Il est le témoin de révélations opérant en moi. Plus j’écris dedans, plus cela devient facile, et plus je me relis, mieux je comprends mes mécanismes, mes schémas de pensée. Par exemple, j’ai vécu une relation qui a révélé beaucoup de souffrances et de mécanismes du passé. Les écrire dans mon journal, puis les relire me permet de faire le lien avec d’autres évènements. C’est un bel outil thérapeutique.

4 – S’aimer un peu plus

 

Et puis, lorsqu’on prend du recul, on réalise à quel point la vie est fascinante. L’expérience humaine et ses vagues d’émotions et de sensations est magnifique à vivre. On réalise un peu plus l’immensité de ce que l’on est. On comprend mieux le temps, les cycles et les flux d’énergies et on constate qu’on est là, dans cet instant, vibrant au doux rythme du coeur qui bat . Car finalement, l’important n’est pas de faire mais d’être présent, être simplement.